Le super Bélier de la Clusaz : Bilan d’un we magique, 26.08.2017

Un résumé chronologique serait long et fastidieux, alors en vrac les grands moments de ce WE, une sorte de patchwork émotionnel et sportif. Une belle course, un cadre de rêve, un super Bouc (Régis) et des Super Biquettes (Clarisse et Bérit) !!!

L’inscription et les premiers délires

  • Régis : oui, pourquoi pas une course de montagne, j’en n’ai jamais fait. Ce serait ma première
  • Sylvain : Ok, on fait laquelle ? Le 27 ou le 42
  • Mumu : Pour 10 euros de plus, on a le combiné : 7 km en CLM (Contre La Montre Femmes / Hommes) le vendredi , 27 km le samedi matin et 42 km le dimanche.
  • Régis : t’es dingue ???
  • Sylvain : oui pourquoi pas… ça se réfléchit…
  • Mumu : Il faut le gérer comme un raid avec plusieurs étapes, c’est tout !
  • Régis et Sylvain : ok… on va au Super Bélier (appellation du Combiné !)

Jusque là tout va bien… Claudine se décide à faire son premier trail de montagne avec le 7 km CLM du vendredi soir. Et s’inscrit à l’Agneau, Rando marche du dimanche, de 13 km. On vous passe les détails des entrainements entre ceux qui sont à la mer (alti 0, course dans le sable…), ceux qui bossent. Rdv est pris au Chalet Bouton d’or à la Clusaz notre gite.

Arrivée au Chalet et premières inquiétudes

Alors les photos du chalet montraient un grand champ et le descriptif vantait un chalet idéalement placé à 5minutes du départ de la course. Tout cela était vrai. Ce qui n’était pas indiqué était que le devant du chalet est en fait SUR la route passante des Aravis. Un enfer de bruit et de circulation… une terrasse pas fermée. Bref, impossible de prendre apéro ou repas dehors, impossible de lâcher nos chiens Goliath, Hanka, Fize et Jimmy, et surtout impossible de dormir avant 1h30 du matin et réveil 5h30 dans le meilleur des cas. Grosse misère comme cadre d’avant course. Du coup, on devait rester une semaine, on va quitter le gite le lundi, lendemain des courses. Pourquoi on n’a pas changé ? Parce que trouver un gite qui accueille 5 adultes et  4 chiens… pas facile !!! La Proprio a été fairplay et nous a réduit le prix de pension aux nuits utilisées.

Vendredi Contre la Montre Femmes / Hommes : quand on fait le contraire de ce qu’il faut et que je fais la connaissance de 2 super biquettes : Berit et Clarisse

Nous ne sommes que 4 femmes inscrites au combiné du Super Bélier. Nous nous repérons vite car nos dossards commencent par 70. Tout de suite nous nous saluons avec Clarisse et Bérit et nous commençons à papoter. Complicité évidente entre 3 nanas qui partagent la même passion avec le même état d’esprit de fairplay et sympathie. Nous échangeons un regard avec Christiane, la 4ème, mais la relation est différente. Nous n’insistons pas.

  • On part pour 3 jours de course, donc on ne se met pas au taquet sur les 7 premiers KM du CLM
  • On est d’accord, on s’économise…
  • Oui, il faut gérer…
  • On est d’accord, on ne se tire pas la bourre…
  • Oui, je t’ai dit… on y va cool !
  • Et puis moi je ne suis pas rapide sur ces distances…

Tu parles, Charles !!! La première course part vite. Les féminines, dont Claudine, Clarisse, Bérit  et moi, partons 6 minutes avant les Garçons, dont Régis et Sylvain. Les femmes partent très vite sur cette distance, et je vois au loin Clarisse et Bérit filer. Impossible de suivre les 2 biquettes. Je me surprends à lâcher à Claudine « bonne course» et à partir au train pour rester au contact visuel des 2 nouvelles copines. Une grosse côte au départ, zut. C’est pas mon truc, surtout à froid. Puis un peu de plat, du bitume, je zappe le ravito du KM 3, je commence à être mieux et soudain du plat… J’ai perdu de vue Clarisse et Bérit mais je sens que j’ai une bonne foulée, je me laisse partir. Je cale le souffle et jette un regard à la montre… 13.8 Km/h oups… c’est rapide. Trop. En même temps je suis bien et je me dis « si je tiens, c’est pas sûr que Sylvain et Régis me reviennent dessus. » Alors forcément je me mets la pression et je tiens. Je fais pile poil ce qu’il ne faut pas faire… Mais ce n’est que du plaisir ! Et là, je ne résiste pas.

Régis de son côté a décidé de tester des nouvelles chaussures Hoka sur la course… c’est malin. Un drop trop haut, une chaussure instable et c’est la gamelle dans la descente. Pile poil ce qu’il ne faut pas faire !

Sylvain part vite… me cherche et accélère. Me cherche, accélère encore… « je cherchais un point bleu, je guettais, j’accélère, dit-il, en me disant que je dois pouvoir te rattraper… » Pile poil ce qu’il ne faut pas faire !

J’ai maintenu le train, une belle allure, et passe la ligne… le temps de me retourner et c’est Sylvain qui arrive « zut, je ne t’ai pas rattrapée »… et 2 minutes plus tard c’est Régis qui arrive en râlant « je me suis cassé la g… c’est nul ! » Oui, le drop nous semblait haut pour une chaussure de trail, mais on n’a pas insisté pensant que la fille de Hoka savait ce qu’elle faisait et qu’elle avait du faire des recommandations à Régis. Il est pô content, le Régis !!!

Et soudain c’est Claudine qui arrive toute contente, elle, de terminer son premier trail. Elle est la seule à avoir fait pile poil ce qu’elle avait dit : moins d’une heure sans se mettre la pression !!!

Je retrouve vite fait Clarisse et Bérit qui ont bien gazé… on se quitte. Direction la douche et les pâtes, car demain, il y a la course « phare et historique » le trail 27 km du Bélier.

On apprendra le lendemain que Clarisse a fait 2ème V1 sur le 7km et moi 2ème V2… on a loupé le podium, car nous n’imaginions pas ce résultat. En fait, on a vraiment bien couru cette première course !

Samedi : retrouvailles entre nanas et premier vrai défi : le Bélier, 27km

Le matin, le village de la Clusaz se réveille doucement. Régis et Sylvain décident de descendre à la dernière minute sur la ligne de départ. Je pars un peu en avance avec Guillaume qui nous a rejoints. Nous trottons tranquillement pour nous échauffer et je cherche du regard Clarisse et Bérit. Même réflexe de leur côté.

  • Comment ça va ? Tu as bien dormi…
  • Bof et toi ?
  • Pas trop… du stress…
  • Oui pareil, et toi ?
  • Pareil …
  • Bon on part moins vite aujourd’hui !!!
  • Oui c’est sur, 27 km ce n’est pas la même limonade !!!
  • Oui les filles, on se retrouve après…
  • Super….. bonne course !

Nous prenons le départ et c’est parti pour 3 à 4 heures de course pour chacun. La grimpe des Mouilles sur 4 km au départ, puis les Radada, le lac des Confins, la descente des Joux, puis la montée du Beauregard et sa descente raide et technique sur la Clusaz. Un parcours de rêve… une organisation sans faille et du rebloch’ à tous les ravitos !!!

Retrouvailles de nouveau… les filles ont super bien couru. Je suis limite barrière horaire… mais ça passe ! On se retrouve le lendemain… pour le verdict ! Clarisse arrive 3 et Bérit 2, je conforte ma place de 4 !

Le super Bélier et son final : le marathon du Bélier, 42 km, 3 sommets dans les Aravis

La nuit est blanche… 4ème de suite avec le stress et le bruit du Gite. Lorsque le réveil sonne, je viens de sombrer dans le sommeil. Sursaut. Je saute du lit et c’est en pyj’ que je retrouve Régis dans la cuisine. « je ne suis pas sure de prendre le départ… je suis morte de fatigue. Pas dormi. » « Comme tu veux, moi j’y vais », est sa réponse. Il est déjà en tenue. Le départ est dans 50 minutes. Je n’ai pas beaucoup le temps de réfléchir.

2 options : ne pas prendre le départ… ou le prendre dans de mauvaises conditions, gérer et voir venir. Ca peut passer, comme pas… Mais si je ne prends pas le départ c’est un abandon. Retour dans la salle de bain et je me mets en tenue. Pas question d’abandonner.  « Ah, je préfère ça… » me dit Régis. Et moi aussi !!! mais bon, il va falloir gérer : 42 km, 3 sommets et 4 nuits blanches… Claudine et Dom sont des reines : elles vont gérer mes chiens, les sortir… pour que je puisse faire la course. Dans ma tête je pars pour 8h/ 8h30…

Ligne de départ… retrouvailles… (Bis)… et serre file !

Sur la ligne, ça parle peu ce matin là. Entre concentration et contrôle des matériels obligatoires des coureurs. Oui, sur ce genre de course, pas de place à l’improvisation : couverture de survie, sifflet, éco gobelet (pour éviter les gaspillages aux ravitos) et coupe vent. Pour moi manchettes et serviette garot (en cas de cheville en vrac). On passe le contrôle technique calmement. Les bénévoles sont top, efficaces et gentils.

Je retrouve Berit et Clarisse. Nous sommes fatiguées toutes les 3. Et les 2 « biquettes » sont ex aequo aux points, au départ du marathon, pour le classement du super Bélier : chacune ayant été 2 et 3 aux 2 premières courses. Christiane fait sa course en tête et ne nous salue pas… Perso, je fais la course derrière avec deux nouvelles copines super chouettes !!!

« Bonne course les filles… » C’est reparti. Très vite (pour cause de pause pipi entre autre !!!) je me retrouve dernière de la course avec le serre file Joel. Je suis fatiguée. Très fatiguée. Heureuse d’être là… mais fatiguée. Je grimpe les Mouilles (les mêmes 4 km qu’hier, avec 10% de pente !)… puis on enchaine sur le Danay… ça grimpe encore. Joel est super : je lui dis de me laisser seule gérer les montées. Il reste derrière avec sa radio. Le Danay… je suis sa damnée ou quoi… Pas un mêtre de plat !!!

Ça descend… trop raide pour courir. Ma cheville droite, bien que strappée, me rappelle sa faiblesse. Lac des confins… le paradis… et pourtant je flanche. Je vois des randonneurs. Il est possible que Claudine, Sabrina, Hugo, Dietrich et Gis’ soient dans les parages. Si c’est le cas, je termine avec eux. J’appelle Claudine… coup de bol, ils viennent de prendre le départ… je me trompe de course. Les randonneurs qui sont là sont ceux du 24 km, pas ceux du 13… Claudine a des mots super gentils au téléphone. Du coup, seule, je vais poursuivre. Mais c’est long, très long.

J’attaque le col du Voret, 1950 m… une énorme côte entre racines et caillasses. La misère. La barrière horaire devient limite au Crét du Merle. Je dois être là bas avant 4h15 de course soit 11h15. Joël me dit que c’est encore possible. Je n‘ai pas les jambes. Et dans les descentes, je n’ai pas ma cheville… je ne regagne pas le temps perdu.

4h25 Crêt du Merle : les 10 minutes fatales.

Pour 10 petites minutes, je rate la barrière horaire au Cret du Merle. Le boss de la course est là. « je suis désolé, me dit-il, je dois enlever les puces de ton dossard… c’est trop tard ! » Je ne discute pas, je sais. Aujourd’hui ça ne passe pas. C’est ça le sport… un jour tu fais un podium en V2 et le lendemain tu ne passes pas la barrière horaire. Je prends le temps de m’acheter un coca au restau d’altitude et quand je reviens il me dit « tu as deux options : rentrer avec la sécurité en 4×4, ou rejoindre le parcours de la  Rando 24 km. Il te reste alors 11 km à faire. C’est comme tu veux. » Alors ce sera le parcours du Rando 24, pas question de finir en voiture. Je prends mon temps… je profite du Reblochon… et c’est reparti. Dans ma tête il me reste 1h30 /1h45 de course.

J’appelle les copines pour les prévenir. Claudine est sur le point d’arriver à la Clusaz, elle termine sa Rando 13 Km, Dom attend Régis.

Fin de parcours en trotting… ligne d’arrivée avec les super Biquettes !

La fin du parcours Rando 24 est roulant. Je trottine tout le long et me fait même engueuler par certains randonneurs qui ne comprennent pas mon allure. Pour eux, courir est un non sens sur une rando non chronométrée. Sauf que moi, je suis partie depuis 5 heures… et je suis la dernière du marathon, alors je ne suis pas là pour marcher, mais pour terminer ma course. Alors au début, j’explique… après je passe en ignorant les râleurs. S’ils veulent se polluer leur rando, c’est leur choix. Moi, je termine mon marathon et je profite (enfin !) d’un parcours roulant !!!

Entrée dans la Clusaz, l’arche d’arrivée est en vue. Devant elle, Clarisse qui a terminé. Quelle championne ! Elle m’accueille. Je lui explique la barrière horaire.  « Tu n’es pas trop déçue ? » me dit elle… « Si bien sur je suis déçue, mais au moins j’ai tenté !!! » On se prend dans les bras. Elle sait ce que je vis à ce moment-là. Les mots sont inutiles. Je lui demande où est Berit et qui des deux est la 2eme ? « Bérit ne devrait pas tarder, me dit-elle, je l’attends, je suis 2ème derrière Christiane ». « Alors j’attends avec toi… je ne vais pas passer la ligne avant elle, car ils vont voir le dossard 7016 et croire que je suis la 3ème de la course… alors que je suis hors course. » Et soudain la voilà… « Bérit, Bérit, Bravoooo… super ! » Quand elle est passée, je marche vers la ligne… et suis accueillie comme la 4èeme femme du Super Bélier. C’est fini… C’est top.

La fontaine des copines

Nous nous retrouvons toutes les trois… Régis arrive aussi. Et nous allons mettre nos gambettes meurtries dans la fontaine fraiche. On refait un peu la course… on parle des prochaines. Bérit se prépare pour un 160 km en solo en semi auto suffisance (Rien que ça !) et Clarisse pour un 55… bon moi je vais faire 5km de natation en mer à Nice !!! Je vais chercher des bières… c’est juste ça aussi le sport. Des moments hors du temps où les rencontres sont précieuses au-delà des exploits.

Le team Koelher est reparti vers le grand Bo… c’était bien de vous retrouver ici. Chacun reprend sa route et moi je garde tous ces moments précieux comme autant d’étoiles dans le ciel. Ils brillent même s’ils sont passés.

Bonne récup’ aux Biquettes : Clarisse, Bérit, Claudine, Gis, Sab’ et aux boucs Sylvain, Régis, Dietrich.

Et bravo aux Super Biquettes pour leur podium !!!

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *