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Soudain seuls, Isabelle Autissier

Un livre qui vous prend aux tripes et que vous ne lâcherez pas ! Lui est marin, un peu foufou. Elle est belle, montagnarde et réservée. Ils ont 30 ans et la vie devant eux.

La montagne ne pardonne pas l’imprécision et l’à peu près… comme la mer. Il va décider de l’emmener faire un tour du monde. Jason leur bateau est leur plus fidèle allié. C’est en Patagonie que le voyage vire au drame. Seuls sur une ile isolée… soudain si seuls. Ils vont devoir s’affronter, gérer la faim, la soif, les douleurs. Se retrouver face à face et soudain, si seuls, qui est l’adversaire de l’autre, qui reste allié ? Un véritable thriller psychologique dans un univers connu de l’auteur, Isabelle Autissier : la mer.

  • Style et narration : 3/5 simple et efficace
  • Emotion : 5/5
  • Histoire : 4/5

 

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Médecin du Raid, de Matthieu Langlois

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Alors si il y a un livre qui m’a attrapé le cœur ces derniers temps, c’est bien celui du Dr Langlois : « Médecin du RAID ».

Écrit après les attentats du Bataclan et de St Denis, le livre témoigne à la fois de l’horreur mais aussi de l’engagement de ces hommes hors normes que sont les gars du RAID et leurs médecins.

Humilité : le premier mot qui vient. Ils sont humbles entre eux car à la merci de dingues, de fous furieux, de désaxés et lorsqu’ils partent sur une  mission ils ne savent pas ce qui va se passer. Ils ne jouent pas aux sur-hommes (comme peuvent le faire de petits chefaillons ici où là) ils font le job, avec passion et engagement.

Solidarité serait le second. Les médecins ne sont pas armés… ils savent que la tache des « copains » est de les protéger, comme la leur sera peut être celle de les sauver. Ils sont solidaires jusqu’à l »Omelette » le restau dans lequel ils se retrouvent à la fin de l’intervention pour vider le sac émotionnel.

Adaptabilité : ils sont entrainés, sur entrainés, mais jamais assez, et même s’ils ont prévu tous les scénarios, ils sont prêts à s’adapter à gérer, à improviser car ce qui se présentera ne sera jamais comme dans le pire des scenarios. Entrainé aussi, les médecins, à porter des victimes et intervenir avec l’équipement militaire sur le dos, les armes en moins. A savoir 20kg de protection auxquels s’ajoutent les 10Kg de casque !!!

Capacité de décision : il faut décider en temps réel, avec des bruit de balles qui sifflent, qui soigner. La notion de tri prend tout son sens : Mettre de côté celui qui n’a pas de chance de s’en sortir et intervenir au plus vite sur celui dont l’état permet l’espoir. Regrouper les victimes dans le « nid » afin que les services de secours puissent les sortir du site dans une noria précise.

Mais ce que j’ai retenu surtout c’est cette humanité qui se détache, qui transpire de ce livre. Cette approche de l’humain qui est au cœur de tous les processus de préparation. « Je me prépare car je dois limiter l’impact de mon stress en temps réel sur mon intervention ou mes collègues ; je me prépare à décider afin de sauver le plus possible de vie ; je me prépare aussi à ne pas soigner sur place : mon rôle est juste de trier, stabiliser, extraire…  »

Bref, un livre à lire qui redonne foi en l’humanité. Merci Dr Langlois.

 

Négociateur au RAID, de Christophe Caupenne

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Dans la continuité de mes recherches et formations en négociations complexes, je viens de terminer le livre de Christophe Caupenne : « Négociateur au Raid », préfacé par Amaury de Hautecloque.

La négociation est un investissement basé sur la raison qui, sans nier la violence fondamentale, vise à offrir un outil pour contrecarrer les débordements excessifs. C’est une approche qui évite un vainqueur unilatéral et la perception d’un vaincu véritable.

Si toute une partie du livre est consacrée aux types de crises, et à l’organisation d’un groupe de négociateurs, aux qualités de ces derniers, une seconde se consacre aux approches, prises de contact, à la communication et à la gestion des émotions.

J’ai apprécié dans cet ouvrage son référentiel technique, mais la lisibilité de la structure ne m’a pas séduite : j’ai eu l’impression de multiples retours en arrière avec un focus fort sur les prises d’otages.

Par ailleurs, si Christophe Caupenne lit ces lignes, je n’ai pas compris sa référence à la courbe de Kubbler Ross, ni celle à la PNL ou à l’AT. Connaissant ces 3 approches, je suis restée perplexe sur le traitement proposé par l’auteur. Sans doute un souhait ou un besoin de faire court qui produit un effet réducteur.

  • Style : 2/5
  • Recommandation de lecture : 2/5
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Le cas Eduard Einstein, de Laurent Seksik

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En voilà un beau livre qui prend aux tripes.

Trois regards sur un même drame familial. Mileva, la femme d’Einstein, la mère d’Eduard raconte sa détresse quand elle dépose son fils à l’hôpital psychiatrique.

Eduard, détecté schizophrène, qui vit le rejet de son père et bien que malade en souffre terriblement. Il souffre de la comparaison avec ce génie, ou même avec son frère Hans-Albert.

Et enfin le regard du génie du siècle, lui même, sur le seul mystère qu’il ne percera jamais : celui de la maladie de son fils.

A chaque chapitre, c’est le regard de l’un des trois… et comme une vrille, ou une vis qui tourne, chaque regard nous fait entrer un peu plus dans l’intimité de cette famille célèbre et meurtrie.

Loin d’être une bio classique, ce livre à l’écriture souple et intime est un bijou.

  • Emotion : 5/5
  • Histoire :5/5
  • Style : 5/5

La forêt des ombres, de Franck Thilliez

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A lire si vous aimez Thilliez, le noir, le glauque !!! Mais qu’est-ce que c’est bien monté !

Il est thanatopracteur, et romancier à ses heures perdues. Il gagne sa vie mais sans plus et sans gloire, lorsqu’il est interpellé par un riche infirme qui lui propose une somme colossale en échange de l’écriture en huis clos d’un roman policier dont  lui, l’infirme, serait le héros. Pour la matière, elle est facile : il s’agit de s’inspirer de faits réels : la vie du Bourreau 125, sérial killer.

Commence alors, dans la forêt des ombres, un travail d’écriture et de reclus. Ce vieil infirme est-il fou ou pervers? Qui est cette fille qui arrive de nulle part ? Qui est cette escorte girl toujours avec lui ?

Finalement, dans cette vieille demeure, où sont les alliés ? Nul ne le sait et l’horreur culmine. Ames sensibles s’abstenir !!!

Vous n’aurez pas ma haine, d’Antoine Leiris

haine

Alors j’ai fini par le lire… comme beaucoup, j’avais été touchée par le premier texte d’Antoine Leiris au moment de la mort de sa femme au Bataclan, titré « vous n’aurez pas ma haine ». Et j’étais restée là-dessus.

Puis dans une gare, je tombe sur son livre éponyme.  J’ouvre la première page, et je commence à lire. J’ai failli finir le livre (normal, mon train était annoncé avec 30 minutes de retard !!!) et du coup je l’ai acheté et fini dans la soirée.

Je n’arrive pas à savoir si j’ai aimé ou pas… Comment aimer un tel ouvrage. Il est intime, nous fait entrer, de façon voyeuriste, dans l’intimité d’un papa veuf et d’un enfant orphelin. J’ai pleuré à certains passages. Oui je livre est magnifiquement écrit et les émotions sont parfaitement sensibles. Cependant je reste avec un gout de bile… oui, moi ils ont ma haine ces gens-là qui tuent à défaut de ne savoir vivre. Alors, non je ne pardonne pas et ces beaux sentiments m’agacent… mais alors c’est le livre ou la position d’Antoine avec laquelle je ne suis pas d’accord. Sans doute un peu des deux… car aussi, il n’a pas manqué (je suppose !) de toucher les droits d’auteurs sur la mort de sa femme et en faisant pleurer des nanas comme moi. Et sans doute je suis en colère contre lui de son manque de pudeur, et contre moi d’avoir cédé et d’avoir acheté ce livre.

Voilou… vous ferez ce que vous voudrez. Vous achèterez ou pas. Lirez ou pas.

Dans la ville en feu, de Mickael Connelly

Ville feu

Los Angeles est le théatre d’émeutes majeures en 1992. La ville est assiégée. Dans ce contexte, de nombreux assassinats sont perpétrés… et la police dépassée n’a pas le temps d’enquêter. Bref, c’est dans l’indifférence quasi générale que Aneke, cette journaliste danoise est morte.

20 ans plus tard, la même police se dit qu’elle va subir la pression de la presse qui va revenir sur ces événements… Harry Bosch va alors rouvrir l’enquête… juste parce qu’il avait été un des premiers sur cette scène de crime 20 ans avant et qu’il ne supporte plus l’idée de ne pas avoir traité ce « cas ». Il va lui falloir lutter contre toute sa hiérarchie, mais il va remonter le temps et l’enquête d’Aneke.

J’ai aimé : le rythme, le style efficace. J’ai moins aimé la fin : un peu cousue de fil blanc. C’est comme si je l’avais vu au cinéma, ce qui est possible. Mais pendant des vacances, ça se lit bien.

Pandemia, de Franck Thilliez

Pandemia

Franck Thilliez c’est du lourd ! J’adore. Alors Pandemia ça commence tranquille et au fur et à mesure des pages, je me suis dit « ah non, c’est pas possible !!! » Et bien si, c’est possible.

Au départ, deux cygnes meurent dans la Somme. Puis un homme est assassiné. Puis des SDF disparaissent… Quels liens entre tous ces meurtres ? Entre ces personnes ? Comment mener une traque dans laquelle l’assassin est invisible, et dans laquelle l’homme est lui-même le pire virus… Bref, le scenario est captivant. Le style est rapide, efficace. A lire si vous aimez la noirceur !

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Manuel de négociation complexe, de Marwan Méry

Nego complexe

Il y a des livres professionnels plaisants et utiles à lire et celui de Marwan Mery en fait partie. Le « manuel de négociation complexe »( Eyrolles, Paris 2015, 2ème tirage) ne permet pas de mener de facto une négociation complexe mais permet de bien comprendre les enjeux, les qualités requises, les facteurs de succès et de motivation, les principes clés à appliquer et repérer les critères de complexité ou éléments déstabilisants.

Le livre est plaisant car structuré, au style simple… loin des poncifs habituels qui vous garantissent ou promettent monts et merveille. Non. La négociation complexe, si elle est structurée est d’abord une affaire de posture personnelle et de travail sur soi. La clé étant la position basse, l’observation et l’empathie : celui qui questionne conduit…

Utile aussi car Marwan Méry aborde l’ensemble des éléments de la négociation : du cadre spatio temporel, en passant par le tryptique des facteurs de complexité que sont les comportements des acteurs (demande irrationnelle, putsch émotionnel, mauvaise foi, mensonge), les situations (menaces, ultimatum, ou négociation impossible) et le potentiel néfaste des interlocuteurs : ceux qui ont des profils pathologiques par exemple.

Et même si nous ne menons pas demain des négociations dangereuses où la vie de personnes sont en jeux, comme le font au quotidien les négociateurs du Raid, nous pourrons facilement vivre les déstabilisations mineures décrites par Marwan Mery : le jeu du « good guy-bad guy » par exemple, ou l’effet « Salami » ou « Colombo » (vous savez le truc de derrière les fagots qui sort et remet tout en cause !!!).

Bref, ce livre est une mine d’or et d’astuces pour tous ceux que la complexité des relations humaines passionne au-delà même des négociations… Bonne lecture. (Et à la question : qu’est-ce que je touche pour cette critique favorable : rien !!! Le plaisir de partager un moment professionnel passionnant !)

Muriel Jouas

 

 

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Neutraliser les profils complexes…

Profils complexes« Comment neutraliser les profils complexes »,

de Laurent Combalbert et Marwan Mery (Eyrolles , 2015)

Comment une simple lecture déclenche une vraie réflexion (et une formation mais c’est un autre sujet !). J’ai dévoré le livre de Marwan Mery et Laurent Combalbert… . Une première fois, puis j’y suis retournée avec mon marqueur !!! Une structure claire en 4 chapitres dans une écriture limpide. A lire absolument !

Le premier chapitre porte sur l’approche globale et le comportement à adopter pour prétendre gérer ou neutraliser les profils dits complexes… C’est d’abord une affaire de travail sur soi et non une baguette magique avec quelques astuces. J’adopte la posture et valide à 100% ce postulat qui change des livres qui « donnent des recettes ».

Ensuite 9-8-7… comme un moyen mnémotechnique…

9 profils opposants, parmi lesquels le ventre mou, la girouette, l’agressif, le bon samaritain (envahissant), l’égocentrique, le réfractaire au changement ou celui qui est toujours de mauvaise foi !!! Bref, on les connait tous, mais on se sent souvent désarmé par leur aplomb ou leur rhétorique…

8 profils difficiles dont le narcissique, le paranoïaque, l’histrionique… Sachant qu’il n’est pas simple de distinguer le psychopathe (merci les films !!!) du sociopathe, du schizoïde… Voilà quelques éclaircissements bien pratiques.

7 profils critiques dont le suicidaire, le pervers, le violent, le psychotique, etc. Il est aussi rassurant de se dire que parfois la fuite et la protection sont les meilleurs voire les seuls moyens de neutralisation.

L’écriture est simple et dynamique. Pas de froufrous… la définition avec un exemple est suivie d’une recommandation sur les conduites à tenir et celles à éviter.

Et si, à l’issue de la lecture, chacun de nous se sent un peu psychopathe, histrionique, pervers… à ses heures, le point clé à retenir est que le profil complexe ou critique est celui qui adopte durablement les comportements décris, en souffre et fait souffrir son entourage… Ouf !!!

Bref, un livre à mettre entre toutes les mains de ceux qui font face à quelques éléments histrioniques, réfractaires à l’autorité ou au changement, ou de mauvaise foi dans leurs entourages personnels ou professionnels.