Mes coups de coeur, clients, pratiques, bouquins…

eduard

En voilà un beau livre qui prend aux tripes.

Trois regards sur un même drame familial. Mileva, la femme d’Einstein, la mère d’Eduard raconte sa détresse quand elle dépose son fils à l’hôpital psychiatrique.

Eduard, détecté schizophrène, qui vit le rejet de son père et bien que malade en souffre terriblement. Il souffre de la comparaison avec ce génie, ou même avec son frère Hans-Albert.

Et enfin le regard du génie du siècle, lui même, sur le seul mystère qu’il ne percera jamais : celui de la maladie de son fils.

A chaque chapitre, c’est le regard de l’un des trois… et comme une vrille, ou une vis qui tourne, chaque regard nous fait entrer un peu plus dans l’intimité de cette famille célèbre et meurtrie.

Loin d’être une bio classique, ce livre à l’écriture souple et intime est un bijou.

  • Emotion : 5/5
  • Histoire :5/5
  • Style : 5/5

Nego complexe

Il y a des livres professionnels plaisants et utiles à lire et celui de Marwan Mery en fait partie. Le « manuel de négociation complexe »( Eyrolles, Paris 2015, 2ème tirage) ne permet pas de mener de facto une négociation complexe mais permet de bien comprendre les enjeux, les qualités requises, les facteurs de succès et de motivation, les principes clés à appliquer et repérer les critères de complexité ou éléments déstabilisants.

Le livre est plaisant car structuré, au style simple… loin des poncifs habituels qui vous garantissent ou promettent monts et merveille. Non. La négociation complexe, si elle est structurée est d’abord une affaire de posture personnelle et de travail sur soi. La clé étant la position basse, l’observation et l’empathie : celui qui questionne conduit…

Utile aussi car Marwan Méry aborde l’ensemble des éléments de la négociation : du cadre spatio temporel, en passant par le tryptique des facteurs de complexité que sont les comportements des acteurs (demande irrationnelle, putsch émotionnel, mauvaise foi, mensonge), les situations (menaces, ultimatum, ou négociation impossible) et le potentiel néfaste des interlocuteurs : ceux qui ont des profils pathologiques par exemple.

Et même si nous ne menons pas demain des négociations dangereuses où la vie de personnes sont en jeux, comme le font au quotidien les négociateurs du Raid, nous pourrons facilement vivre les déstabilisations mineures décrites par Marwan Mery : le jeu du « good guy-bad guy » par exemple, ou l’effet « Salami » ou « Colombo » (vous savez le truc de derrière les fagots qui sort et remet tout en cause !!!).

Bref, ce livre est une mine d’or et d’astuces pour tous ceux que la complexité des relations humaines passionne au-delà même des négociations… Bonne lecture. (Et à la question : qu’est-ce que je touche pour cette critique favorable : rien !!! Le plaisir de partager un moment professionnel passionnant !)

Muriel Jouas

 

 

Profils complexes« Comment neutraliser les profils complexes »,

de Laurent Combalbert et Marwan Mery (Eyrolles , 2015)

Comment une simple lecture déclenche une vraie réflexion (et une formation mais c’est un autre sujet !). J’ai dévoré le livre de Marwan Mery et Laurent Combalbert… . Une première fois, puis j’y suis retournée avec mon marqueur !!! Une structure claire en 4 chapitres dans une écriture limpide. A lire absolument !

Le premier chapitre porte sur l’approche globale et le comportement à adopter pour prétendre gérer ou neutraliser les profils dits complexes… C’est d’abord une affaire de travail sur soi et non une baguette magique avec quelques astuces. J’adopte la posture et valide à 100% ce postulat qui change des livres qui « donnent des recettes ».

Ensuite 9-8-7… comme un moyen mnémotechnique…

9 profils opposants, parmi lesquels le ventre mou, la girouette, l’agressif, le bon samaritain (envahissant), l’égocentrique, le réfractaire au changement ou celui qui est toujours de mauvaise foi !!! Bref, on les connait tous, mais on se sent souvent désarmé par leur aplomb ou leur rhétorique…

8 profils difficiles dont le narcissique, le paranoïaque, l’histrionique… Sachant qu’il n’est pas simple de distinguer le psychopathe (merci les films !!!) du sociopathe, du schizoïde… Voilà quelques éclaircissements bien pratiques.

7 profils critiques dont le suicidaire, le pervers, le violent, le psychotique, etc. Il est aussi rassurant de se dire que parfois la fuite et la protection sont les meilleurs voire les seuls moyens de neutralisation.

L’écriture est simple et dynamique. Pas de froufrous… la définition avec un exemple est suivie d’une recommandation sur les conduites à tenir et celles à éviter.

Et si, à l’issue de la lecture, chacun de nous se sent un peu psychopathe, histrionique, pervers… à ses heures, le point clé à retenir est que le profil complexe ou critique est celui qui adopte durablement les comportements décris, en souffre et fait souffrir son entourage… Ouf !!!

Bref, un livre à mettre entre toutes les mains de ceux qui font face à quelques éléments histrioniques, réfractaires à l’autorité ou au changement, ou de mauvaise foi dans leurs entourages personnels ou professionnels.

Après le week-end du 13 novembre, nous nous sommes ressaisis et l’heure des comptes et des bilans sonne. Et parfois, elle sonne le glas. Le glas d’une relation entre les salariés et la structure. Ou entre les prestas et leurs clients. Mais ce glas n’est que le résultat de mauvaises pratiques managériales que nous décrirons. Dans certains (trop rares) cas, la relation de confiance a été renforcée. Nous verrons comment et pourquoi.

Ces entreprises qui n’ont pas géré la situation…

  • Il y a celles qui ont fait « comme si de rien n’était… » : à peine quelques mots le lundi 16 au matin, une vague « autorisation » de minute de silence. La priorité était au retour au quotidien… « car cela ne changera rien pour les victimes » !!!
  • Il y a celles qui ont quand même vérifié, vers 12h00 le lundi, que tous leurs collaborateurs étaient bien présents…
  • Il y a celles qui ont envoyé à 16h00 un mail à leurs équipes sur le thème « la sécurité est l’affaire de tous. Désormais, nous vous demandons de bien vouloir nous alerter de tout comportement inadapté dans l’enceinte de l’entreprise et de procéder à la vérification des sacs des visiteurs en cas de doute »
  • Il y a celles qui ont adressé un mail à leurs équipes en leur demandant de s’abstenir de tout commentaire sur les réseaux sociaux…
  • Il y a aussi celles qui ont passé la matinée à ressasser et à faire des bilans, ou autres prémonitions…

Et puis… il y en a eu d’autres… dont on a peu parlé.

  • Celle dont le DG a adressé le samedi à 13h00 un SMS à son Codir en lui demandant de le relayer aux équipes via la chaine managériale pour s’assurer de la santé des équipes… et qui a mis en place un dispositif d’aide par téléphone dès le lundi 9h00, au cas où…
  • Celle dont le DG était dans le hall le lundi matin avec un geste et un mot pour chacun…
  • Celle qui a pensé à envoyer un mail à ses prestas… pour avoir des nouvelles « car vous comptez pour nous même si vous ne figurez pas dans les effectifs »… Whaaou… ça fait du bien !
  • Celle qui se pose la question de ce qu’il va falloir faire non seulement le lundi, mais aussi le mardi, le mercredi… puis la semaine suivante et jusqu’à fin décembre…
  • C’est d’ailleurs la même qui se demande comment adresser des vœux à ses clients et fournisseurs…

Alors, oui j’ai été bluffée par certains boss (Patrice, Emmanuel par exemple, s’ils lisent ce message ils se reconnaitront) ou clients (Clémence) qui ont su avoir les mots pour leurs équipes et leurs prestas… alors que la chance les avait épargnés et que personnes dans leurs équipes n’avaient été directement touché.

Merci à eux.

 

DSC04658Un matin d’ingénierie pédagogique. Le bureau d’à côté bourdonne puis soudain…

– Non, pas mes chaussons, arrête, ne touche pas à la poubelle… Mais tu ne peux pas arrêter deux minutes… Non, ça c’est mes vis, c’est à moi, reviens, bourrique…
– J’y crois pas, elle est partie avec mon sac de vis… Reviens, non tu fais pas un trou dans le jardin pour les enterrer… Reviens, arrête de courir… Non, je veux pas jouer avec toi maintenant… Laisse la poubelle, mais c’est pas vrai… T’as le diable au corps ce matin…
– Attention, elle fonce dans la maison… P… la tablette, elle a failli voler… Non, tu laisses ma chaussure… Attention, oh, la vache elle a sauté au dessus des fauteuils… Non mais regarde… Y a de la terre partout dans le salon… Non, je veux pas jouer à pouic avec toi… C’est l’heure de bosser !!!
– ok, tu prends la boule à lessive… vas jouer dehors !
Et encore je vous l’ai fait courte… ca dure depuis 15 minutes !!!

20150122_172503J’anime des formations. Vous le savez. J’aime mon job, vous le savez aussi. J’ai souvent écrit comment et pourquoi… Mais, c’est surtout qu’il y a des groupes comme ça…

Il y a des groupes comme ça qui donnent du sens à mon activité. Parce qu’ils questionnent, s’interrogent, ont envie d’aller plus loin, en prolongeant une journée de formation par 2 heures d’échanges sur la Process Com, les profils… la communication…

Il y a des groupes comme ça qui donnent de la joie à ma journée. Ils sont drôles, sympas, légers et sérieux en même temps. Les blagues fusent au milieu de questions chargées de sens.

Il y a des groupes comme ça qui donnent simplement de leur énergie... Ils font des galettes, apportent du cidre, et des bonbecs ! Et partagent des moments hors cadre sur le site de formation, juste pour le plaisir d’être ensemble quelques minutes de plus avant la soirée chacun chez soi.

Il y a des groupes comme ça qui à la fin d’une formation organisent un apéro, avec un cadeau à 5 euros pour chacun. Il y a la chouette en peluche, la bouteille d’huile de noix, le plateau, les chaussettes… Chacun repartira ce soir avec un peu de ce groupe… comme ça tout simplement.

Il y a des groupes comme ça qui resteront dans ma mémoire pour ces moments et pour longtemps. Ce qu’il deviendra ? Nul ne le sait. Un lien est crée, une histoire a été écrite. Combien de chapitres il reste à écrire… ? Nul n’est capable de le dire. Mais chacun sait qu’il a été membre de ce groupe… comme ça, tout simplement.

Il y a des groupes comme ça, à qui je dis merci, comme ça. Tout simplement.

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Alors voilà ma question du jour… c’est quoi un optimiste ? Il y aurait la réponse simple de quiconque a fait quelques classes de mer : un bateau ridicule, dans le fond duquel tu te rapes les fesses, et que tu essayes tant bien que mal de faire virer… Et puis, il y a l’autre optimiste. Celui qui vous régale par son humeur, sa drôlerie, sa façon de toujours trouver une excuse au pauvre débile qui lui pourrit la vie… celui qui trouve une bonne raison à une procédure naze de gestion des frais de déplacements (cf un de mes post précédents !). Il vous agace aussi souvent. Bref, lui, l’optimiste… qu’est ce qu’il a de différent de vous ? Il a de différent une réécriture permanente du passé, un ancrage profondément dans l’action, et une vision (réaliste) positive de l’avenir. Regardons comment.

Un vrai optimiste écrit son passé afin de le rendre exploitable et léger. Lorsqu’un événement grave, ennuyeux, un aleas de la vie se présente, il ne le nie pas. Mais il applique 3 paradigmes : ni causalité, ni stabilité, ni globalité… Zero causalité signifie qu’il ne se sent pas 100% responsable de ce qui lui arrive lorsque c’est négatif. Si c’est positif, en revanche, il s’attribue la réussite avec plaisir. Une façon déjà de ne pas geindre ! Zero Stabilité veut dire que ce n’est pas parce que cela s’est produit une fois que cela va recommencer… Voilà c’est un événement, point. Sauf s’il est positif, il nous appartient alors d’en repérer les facteurs afin de les reproduire ! Donc pas d’inquiétude outre mesure ! 0 globalité ? C’est à dire que cet événement de vie est indépendant de toutes les autres sphères de ma vie… Pas d’angoisse donc ! En Résumé, si ce qui lui arrive est favorable, il s’en attribue la paternité et fais en sorte de transférer les facteurs à d’autres sphères de sa vie et de faire durer… dans le cas contraire, face à un aleas, il regarde l’événement comment un cas unique, spécifique, ponctuel !!!

Un vrai optimiste est ancré dans le présent avec 4 croyances fortes ! La première, « Il existe toujours une solution« . Sa vision de la solution est telle que soit elle a existé et je peux reproduire, où il faut peut être que je la cherche… mais elle existe, même si elle n’est pas évidente au premier regard ! La seconde lui fait dire « qu’il a en lui les ressources« . C’est quelqu’un qui croit fondamentalement dans son potentiel à faire changer les choses… aussi minimes soient-elles… et même si cela prend du temps ! Par ailleurs, l’optimiste se dit « qu’il a toujours le choix« . C’est Schutz qui devait être optimiste… En effet, un optimiste se dit toujours qu’il peut décider ou non, de chercher ou non… Bref, l’optimiste est libre !!! Et enfin, l’optimiste « a confiance dans l’avenir« . Certes les événements de janvier peuvent ébranler la confiance de l’optimiste. Mais très vite, il va se remobiliser… En effet, une humeur négative lui est étrangère. Pour ces différents raisons, avec ces différentes croyances, vous l’aurez compris notre optimiste est toujours dans l’action.

De fait, l’optimiste est doté de qualités qui le rendent repérable. Regroupons les en 3 qualificatifs : agréable, audacieux, tenace,… Agréable, car il est plutôt extraverti, jovial, enjoué, positif. Serviable et aimant les rencontres nouvelles, il va vers l’autre. Attention, il va éliminer les négatifs, critiques et râleurs pour maintenir un état interne satisfaisant pour lui. Ensuite il est audacieux. il aime prendre des initiatives, innover, piloter des projets car il aime la réussite, individuelle mais aussi collective. Enfin, tenace, il est persévérant et résistant à l’adversité car confiant en ses capacités et en l’avenir. Les entreprises adorent les optimistes !!!

Pour peu que cet optimiste cultive une vision stratégique de l’avenir et dispose de qualités de communication, je parie bien sur un beau leader.

Pourquoi cette ode à l’optimisme ??? Parce que j’ai lu un livre sympa, de Philippe Gabilliet, Eloge de l’Optimisme. J’ai un peu réorganisé à ma manière sa pensée (ben quoi, j’ai le droit !!!). Mais j’ai pris tellement de plaisir à me dire à chaque page « il parle de moi cet homme »… que j’ai eu envie de partager avec vous… Ce soir, je parle de moi dans ce texte.

Et je vous invite aussi. Avez vous envie comme moi d’écrire 2015 ensemble, afin de pouvoir nous dire, le 31 décembre prochain : »La vache, on a démarré l’année avec un  drame terrible, avec Charlie, et finalement on a passé une super année… et on l’a mérité ! » ?

A lire (ça fait du bien !!!) : Eloge de L’Optimisme de Philippe Gabilliet, Ed. Saint Simon.

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Certaines de mes copines ne comprennent pas pourquoi je suis naze en fin de semaine au point de refuser toute sortie le vendredi soir. Elles ne savent pas que le métier de formateur est un hyper métier ! Bien sûr, je ne suis pas sur un chantier de travaux publics, ou manutentionnaire. Mais, je fais un « hyper » métier. Un métier à l’hyper timing, hyper présence, hyper vigilance, hyper acuité, hyper mobilisation… avec une hyper motivation.

Hyper timing, en effet, car bien que la prestation commence à 9h00 sur site, nous sommes présents une heure avant pour mettre en place la salle, distribuer les documents, assurer l’accueil… La pause pipi n’est pas quand j’ai envie, mais entre 10h30 et 10h45, à condition que les participants n’aient pas une question importante, ou un état émotionnel qui suppose de rester avec eux. La pause de midi est également avec le groupe. « Et tu fais ce métier depuis quand ? Et tu aimes ? Et tu bosses pour d’autres cabinets ? Et tu animes quoi comme stage ? Et tu as déjà eu des groupes difficiles ? Et tu fais quoi dans ce cas ? etc… »  C’est une non pause ! En fin de journée, tu ranges et tu passes à l’arrache les trois coups fils pressés avant que le centre ferme… Et tu fonces dans le RER bondé qui ne desservira pas ta gare ce soir, pour cause d’accident grave de voyageur. Hier, il y avait un animal sur les voies, avant hier une régulation du trafic…

Hyper présence, car debout, en mouvement, en contact avec tous et avec chacun… A incarner nos contenus, à être exemplaires si nous travaillons sur du développement personnel. Nous ne pouvons pas prôner la bonne parole sans l’incarner ! (Ok c’est ma croyance !!!) Alors parfois nous avons mal au dos, mal aux pieds, mal à la tête et aux yeux… Il nous arrive aussi d’avoir mal au coeur de la souffrance de nos stagiaires. Nous sommes là aussi quand nous sommes malades… Car sinon, pas de thunes ! C’est aussi simple que ça, c’est aussi ça le formateur libéral. On n’oublie d’avoir la migraine ou des règles douloureuses ! Le rhume est une vue de l’esprit, la grippe une croyance limitante !

Hyper vigilance aux détails qui tuent… La bouteille qui manque, le PC qui rame, le restau nul… Hyper vigilance au confort de nos stagiaires. Car même s’ils ne viennent pas dans un séjour Spa 5*, le moindre bug peut faire partir en vrille la meilleure de vos pédagogies sur le meilleur des thèmes ! Et il y a certains sites qui ne nous aident pas, nous sommes alors des trapézistes volants et tant mieux si nous attrapons le trapèze, sinon c’est le crash assuré ! Disons qu’on s’entraine, et que souvent entre formateurs, on s’entraide. Heureusement entre confrères, il y a cette solidarité et cette compréhension.

Hyper acuité sensorielle et cognitive ! Ouah, ça jette ! Mais c’est bien ça. Nous connaissons notre thème d’intervention et la trame… Et ensuite, imaginez un match d’impro : avec d’un côté le formateur qui apporte le thème et en face des équipes de stagiaires qui viennent chacun avec son sujet, ses attentes, ses besoins de solutions immédiates et universelles… Nous jouons cette improvisation en hyper acuité : faire attention  à chacun, ne laisser personne ne pas jouer, répondre à chaque question, rechercher le feedback de la pertinence de la réponse par rapport à la question. Recommencer en cas de doute… Enchainer sur la question suivante, en gardant l’œil droit sur la montre et le gauche sur le dispositif pédagogique et ses objectifs souvent ambitieux… Et le sourire aux lèvres. Si souvent c’est génial et très apprenant, et galvanisant, parfois, c’est un effet taser, ou chaise électrique… comme vous voulez.

Alors oui, cet hyper métier que je fais depuis 23 ans me crève, les copines, et fait que parfois je n’ai qu’une envie en sortant d’une journée : me balader avec ma chienne sur les berges de Seine du pays des Impressionnistes… dans mon étage rêveur. « Fais autre chose alors ! » C’est juste impossible, même si souvent j’y pense, car j’ai une hyper motivation.

Hyper motivation à apprendre des choses nouvelles, à mettre en pratique des méthodes pédagogiques nouvelles. Hyper motivation à échanger avec des confrères et consoeurs. Hyper motivation à transmettre et à vivre ces grands moments ou des visages sortent du groupe. Des Cyril, base rêveur en stage process com, des Nadine en stage conflits, des Nathalie, des Claire, à Tours qui m’invite à son mariage…Il y en a plein qui savent que c’est d’eux dont je parle ici.  Il y a aussi des clients, managers d’offre, qui donnent du sens à ce p… de job et font que le matin à 6h00, lors de la première ballade avec la chienne sur mes berges de Seine du pays des Impressionnistes, le lever de soleil accompagne mes préparatifs mentaux de la journée… de mon hyper journée qui commence.

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C’est un livre simple, descriptif de la vie d’un géant de l’athlétisme. Un gars qui a façonné la course moderne avec le fractionné. Un gars simple qui au départ détestait courir, venait de la campagne. Quand il courrait il était la risée de tous… Oui, mais… petit à petit, ces mêmes qui se gaussaient l’ont respecté, admiré mais jamais imité. Il n’avait pas forcément bon caractère… mais c’était un géant de l’athlé.

Le style de Jean Echenoz est simple et beau. Comme ces passages que je vous offre ici en image.

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Vraiment, que vous soyez spectateur ou athlète… lisez cet ouvrage. Si vous courez et que vous vous êtes confronté au marathon alors les lignes d’Echenoz décrivant les heures de souffrance de Zatopek vous parleront. Si vous ne courez pas, vous sentirez pourquoi et comment la passion des foulées sans cesse répétées nous anime… Ce bête geste, si simple et si complexe, qui produit tant de bonheur et tant de souffrances…

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  • Note de style : 5/5
  • Emotion : 4/5
  • Histoire : 5/5

RelaxvaxUne entreprise de Lyon, leader européen de son marché : les vaccins humains. Un mode de management exceptionnel, et pourtant une période difficile, en 2000. Le service communication propose et pilote alors un jeu de l’oie des dysfonctionnements de l’entreprise.

LA FICHE PROJET DU JEU

  • Projet
  1. Objectif de l’entreprise :
    Améliorer la productivité et la motivation des salariés dans une période de tension et de perturbations
  2. Objectif de communication :
    Améliorer l’ambiance entre les salariés et les départements de l’entreprise.
  3. Cibles :
    Les salariés de l’entreprise et en particulier ceux du siège social de Lyon.
  4. Message :
    Tout n’est pas noir ! Certes nous connaissons quelques dysfonctionnements… et si nous les changions ou décidions d’en sourire ?
  5. Caractéristique de l’opération :
    Jeu de l’oie, créé en interne lors d’une session de brainstorming et joué pendant les heures des repas pendant 2 à 3 jours. Laissé ensuite « pour consultation » à la cafétéria. Imprimé en sous-main et donné aux salariés. Chacun en prend « gentiment » pour son grade… et cesse donc de critiquer les collègues… Même le Président, vous allez le constater !
  • Personnes
  1. Chef de projet :
    Le responsable de communication
  2. Groupe de projet :
    Le service publicité, le service communication
  3. Sponsors du projet :
    Le Président et le DRH (ont soutenu le projet malgré son côté « taquin » évident )
  4. Contributions externes :
    Un standiste pour la réalisation des stands parapluie, un imprimeur pour les sous-main cartonnés.
  5. Contributions internes :
    Différents services pour les tests, les validations, et les avis quand ils étaient « mis en cause ». Voir le texte…
  • Processus
  1. Fonctionnement :
    Le jeu est animé par le responsable de la communication, ou un RH, pendant les heures des repas pendant 3 jours à la cafétéria. Un gros dé en mousse (Ikea) est lancé par un salarié (dans la file d’attente du repas !) qui avance un pion aimanté sur un stand parapluie lui-même aimanté. Il découvre la case… et normalement devrait en sourire !
  2. Critères d’évaluation :
    Informelle à chaud sur place. La présence des sous-mains sur les bureaux. Les commentaires ultérieurs des salariés « la machine est en kit… c’est la case 32 ! je prends un café… »
  3. Bilan :
    Ambiance changée, commentaires amusés dans les couloirs, prises de conscience de certains services…Sous-mains conservés. Rappels plusieurs mois plus tard de l’opération jeu de l’oie.

LE TEXTE DES CASES DU JEU

  •    Case 2 : e-mail surchargé ; vous êtes planté, reculez d’une case.
  •   Case 3 : la visio conférence vous fait gagner un temps précieux, avancez d’une case.
  •   Case 5 : L’eurocodir (comité de direction Européen) délibère sur votre projet : faux départ. Tout est remis en cause et pourtant c’est urgent retournez à la case 1.
  •   Case 7 : il est plus de 18h30. Le standard ne répond plus passez votre tour deux fois.
  •   Case 8 : depuis 2 jours c’est le lancement d’Escad, votre bon de commande ne passe pas, reculez de deux cases.
  •   Case 9 : vous devez faire signer vos bons de commandes, les directeurs sont absents, reculez au numéro 6.
  •   Case 10 : Il est 8h30, vendredi matin, vous croisez Monsieur G (le Président) dans le couloir. Rdv surprise vous avancez au numéro 13.
  •   Case 11 : C’est le jour du Comité de Validation. 10 personnes doivent relire votre document. Attendez que les autres jouent deux fois.
  •   Case 12 : bureau de la pub, ça y est vous signez enfin votre BAT : avancez d’une case.
  •   Case 14 : Un network efficace vous fait avancer au numéro 19. Bravo !
  •   Case 15 : Vous obtenez l’AMM Europe de votre vaccin Rigolovax, avancez au 19.
  •   Case 16 : le service juridique vous rend votre contrat cadre. Vous ne comprenez plus rien. C’est tout juste si vous reconnaissez votre document source. Retournez au numéro 13.
  •   Case 17 : Petite séance de relaxation, restez sur place en vous détendant un tour.
  •   Case 18 : un Vaxibug a infecté le réseau. Le MIS est sur le pont, mais en attendant vous retournez au numéro 13.
  •   Case 19 : Visuel d’un verre à moitié plein.
  •   Case 20 : Un article paru dans MSD (Mercredi, Samedi, Dimanche) accusant votre vaccin Relaxvax de provoquer de l’hyper tension artérielle. Il faut recommencer la partie.
  •   Case 23 : Le coursier erre depuis deux heures entre PMC, Pasteur Mérieux Connaught, Rhône, Bio… reculez de deux cases.
  •   Case 25 : L’agence du médicament revoit encore une fois l’AMM de Relaxvax. Retournez au numéro 22.
  •   Case 28 : C’est l’urgence du vendredi soir : l’imprimante bourre, la photocopieuse est en kit ! récupérez votre boisson et reculez d’une case.
  •   Case 30 : 31 décembre, Jour d’entretien d’évaluation, ne pas déranger. Attendez que les autres jouent deux fois ou retournez au 27.
  •   Case 32 : Eurocombos doit paraître dans deux mois. Attendez-le et reculez au numéro 29.
  •   Case 33 : Votre vaccin est enregistré ; vos aides de visites validées, imprimées, livrées dans les délais, l’information est transmise en interne à tous les sites ! Bravo vous avez gagné !

EXPLICATION DES VISUELS

  • Cases 1 – 24 – 29 – 31 : Logos des entreprises du groupe
  • Cases 4 – 26 – 27 : Illustrations des sites
  • Cases : 5 – 7 – 10 – 12 – 16 – 20 : quelques salariés (dont le président) croqué par un graphiste caricaturiste en interne… personne ne s’est plaint !
  • Case 21 : OPTEAM , groupe de cadres, mobilisés et sollicités par la Direction pour faire toutes propositions visant à améliorer les conditions de travail des salariés. Groupe constitué de représentants volontaires : de la pub, de la com, de la RH, du service juridique, du service médical.
  • Case 13 : Voyage à Disney organisé par le CE
  • Case 17 : cours de relaxation organisés et proposés par Opteam.
  • Case 8 : Escad : gros projet informatique de gestion des commandes, livraison des vaccins.
  • Case 19 : Le verre à moitié plein… expression favorite du Président de l’époque. Illustrant ainsi une des 5 valeurs de l’entreprise : l’esprit positif.

COMMENTAIRES GENERAUX
Il est évident que pour mener une opération comme celle-ci il faut :

  •   Une direction capable d’entendre des critiques,
  •   Une direction capable d’en sourire,
  •   Une direction qui veut faire avancer les choses,
  •   Une direction hors du commun !

COMMENTAIRES PERSONNELS
J’ai eu la chance de pouvoir monter des opérations comme celles-ci !
Je mesure ma chance chaque jour quand j’interviens dans des entreprises plus classiques. Mais tentez… tentez et proposez ! parfois ça marche… et à ce moment-là, notre métier devient plus qu’un bonheur ! ! !