Muriel 1Il y a eu le choc. L’ami de toujours qui appelle :

  • Tu es chez toi ? Tant mieux, avec ce qui se passe…
  • Qu’est ce qui se passe ?
  • Tu n’as pas entendu les infos ? le Stade, le Bataclan…
  • Non, j’étais en train de faire du sport… puis sur la route… sous la douche…

La surprise, le choc, le moment de déni. C’est impossible, pas encore, pas ici, pas si près. Puis la sidération, devant ces images qui tournent en boucle…

Deux heures du mat’ : aller dormir. Se réveiller, allumer la radio… les mêmes infos en boucle. Les mêmes mots : nous sommes en guerre. Un truc de malade qui appartenait à mes grands parents… Mais une guerre différente, diffuse, insaisissable. Avec un ennemi pervers, menteur, voleur…de vie. Le jeu n’est pas symétrique. Les règles trahies…

Midi… Lassitude en ce samedi. Pas moyen de noyer ma haine en nageant. Ma piscine est fermée… Etat d’urgence. Une longue journée, appel à mon  homme qui est loin. Montée à Saint Germain, achat de rubans. Un truc idiot et facile, un truc beau, créer quelque chose : des dreamcatchers. J’y passe les heures qui suivent entre larmes et rage.

Dimanche matin, footing avec des amis et nos chiens… On ne sait pas si on peut être joyeux et plaisanter… ou si c’est interdit. Mais, putain, oui, on rigole… on se marre, on se perd dans la forêt, on se retrouve… Bien sur on pense à tous ceux qui cherchent en panique un frère, une sœur, un fils, une fille, un père, une mère, un pote… un être unique, qui était dans leur vie, qui les a gonflés parfois, réjouit souvent et leur manquera toujours…

Alors oui c’est un week-end absurde qui se termine mélange de colère, détresse, panique, haine sans doute… Mais ce qui nous lit c’est l’amour. L’amour en notre pays, en notre liberté… et que ceux que ça défrise aillent se faire sauter la panse dans les déserts… au lieu de nous faire chier chez nous.

Parce que même si je bosse 7 mois par an pour l’état, que je rame pour mettre 1000 euros de coté, que les clients me gonflent à annuler sans états d’âme mes formations (la semaine dernière par exemple !), que d’autres me traitent comme une merde (alors que je bosse pour eux depuis près de 25 ans, ils se reconnaitront)… et bien je suis française, libre, fière… et vivante. Debout… pour tous ceux qui ne le sont plus. Et tous ceux qui pleurent un être aimé.

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