L’affaire Griveaux le démontre si on en avait encore besoin… la crise touche tout le monde, toutes les structures… elle est tapie, en embuscade et frappe selon deux règles strictes :

  • Au pire moment
  • la personne ou la structure la plus exposée !!!

Ensuite plusieurs options se présentent :

  • Se battre…
  • Fuir…
  • S’expliquer et tenter de reconstruire la confiance des équipes, des clients, des fournisseurs, de tous ces publics qui se sentent alors trahis, perdus.

Cellule de crise ? Procédure ? Et… les sacro-saints “éléments de langage” !!! Qui ne seront que rarement crédibles, car peu incarnés par le porte-parole.

Nous y voilà. Pourquoi un porte-parole n’est-il pas crédible ? Qu’est ce qui a conduit à cette situation ? Comment faire face aux émotions des parties prenantes ? Autant de questions traitées sous l’angle de la communication, des personnalités, des traits de caractère dans cette 3ème édition de “COMMUNIQUER EN SITUATION DE CRISE : gérer l’urgence et l’émotion avec la Process Com”, chez Gereso Edition.

Au sommaire de ce livre :

  • Crise et communication inter-personnelle
    • Qu’est ce qu’une crise ?
    • Compétences et aptitudes des dirigeants en situation de crise
    • L’apport de la Process Com  en situation de crise
    • La structure de la personnalité selon le modèle Process Com
  • Les profils de personnalité en situation de crise
    • les caractéristiques des profils
    • Le type Empathique
    • Le type Travaillomane
    • Le type Persévérant
    • Le type Rebelle
    • Le type Promoteur
    • le type Rêveur
  • Comment utiliser la Process Com en situation de crise ?
    • Observer les composantes non verbales
    • Ecouter le canal de communication
    • Identifier le champs lexical
    • S’adapter et “Process Communiquer”
    • Gérer le stress de ses interlocuteurs
  • Principaux dysfonctionnements des hommes et des équipes en situation de crise
    • Les biais cognitifs et la prise de décision
    • Les dysfonctionnements des équipes
    • Les comportements à risques des dirigeants
    • Comment annoncer une mauvaise nouvelle ?
    • Faire face aux réactions émotionnelles
  • Conclusion sous forme de recommandations pour la route
    • Quelques règles de gestion, décision, communication
    • Et pour chaque profil…

Comme vous pouvez le constater… pas de procédures, ni de fiches réflexes dans cet ouvrage, même si nous mettons en place des procédures chez nos clients !!! Tout a déjà été écrit sur le sujet. En revanche, nous restons les seuls en France avec Olivier à aborder la  com’ de crise via les comportements des dirigeants, des porte-parole, des parties prenantes (équipes, clients, actionnaires, fournisseurs… riverains).

Nous mettons à votre disposition dans ce livre notre approche intégrative. Olivier partage avec vous son regard journalistique et je vous apporte ma posture de coach en développement personnel et médiateur.

Et la prochaine fois que vous aurez envie de dire que vos “premières pensées vont aux victimes”… vous ferez en sorte de rendre crédible ce message par votre posture… ou vous vous changerez de termes pour être aligné !

Au plaisir de lire vos commentaires.

Un livre qui vous prend aux tripes et que vous ne lâcherez pas ! Lui est marin, un peu foufou. Elle est belle, montagnarde et réservée. Ils ont 30 ans et la vie devant eux.

La montagne ne pardonne pas l’imprécision et l’à peu près… comme la mer. Il va décider de l’emmener faire un tour du monde. Jason leur bateau est leur plus fidèle allié. C’est en Patagonie que le voyage vire au drame. Seuls sur une ile isolée… soudain si seuls. Ils vont devoir s’affronter, gérer la faim, la soif, les douleurs. Se retrouver face à face et soudain, si seuls, qui est l’adversaire de l’autre, qui reste allié ? Un véritable thriller psychologique dans un univers connu de l’auteur, Isabelle Autissier : la mer.

  • Style et narration : 3/5 simple et efficace
  • Emotion : 5/5
  • Histoire : 4/5

 

raiddoc

Alors si il y a un livre qui m’a attrapé le cœur ces derniers temps, c’est bien celui du Dr Langlois : “Médecin du RAID”.

Écrit après les attentats du Bataclan et de St Denis, le livre témoigne à la fois de l’horreur mais aussi de l’engagement de ces hommes hors normes que sont les gars du RAID et leurs médecins.

Humilité : le premier mot qui vient. Ils sont humbles entre eux car à la merci de dingues, de fous furieux, de désaxés et lorsqu’ils partent sur une  mission ils ne savent pas ce qui va se passer. Ils ne jouent pas aux sur-hommes (comme peuvent le faire de petits chefaillons ici où là) ils font le job, avec passion et engagement.

Solidarité serait le second. Les médecins ne sont pas armés… ils savent que la tache des “copains” est de les protéger, comme la leur sera peut être celle de les sauver. Ils sont solidaires jusqu’à l”Omelette” le restau dans lequel ils se retrouvent à la fin de l’intervention pour vider le sac émotionnel.

Adaptabilité : ils sont entrainés, sur entrainés, mais jamais assez, et même s’ils ont prévu tous les scénarios, ils sont prêts à s’adapter à gérer, à improviser car ce qui se présentera ne sera jamais comme dans le pire des scenarios. Entrainé aussi, les médecins, à porter des victimes et intervenir avec l’équipement militaire sur le dos, les armes en moins. A savoir 20kg de protection auxquels s’ajoutent les 10Kg de casque !!!

Capacité de décision : il faut décider en temps réel, avec des bruit de balles qui sifflent, qui soigner. La notion de tri prend tout son sens : Mettre de côté celui qui n’a pas de chance de s’en sortir et intervenir au plus vite sur celui dont l’état permet l’espoir. Regrouper les victimes dans le “nid” afin que les services de secours puissent les sortir du site dans une noria précise.

Mais ce que j’ai retenu surtout c’est cette humanité qui se détache, qui transpire de ce livre. Cette approche de l’humain qui est au cœur de tous les processus de préparation. “Je me prépare car je dois limiter l’impact de mon stress en temps réel sur mon intervention ou mes collègues ; je me prépare à décider afin de sauver le plus possible de vie ; je me prépare aussi à ne pas soigner sur place : mon rôle est juste de trier, stabiliser, extraire… ”

Bref, un livre à lire qui redonne foi en l’humanité. Merci Dr Langlois.

 

nego

Dans la continuité de mes recherches et formations en négociations complexes, je viens de terminer le livre de Christophe Caupenne : « Négociateur au Raid », préfacé par Amaury de Hautecloque.

La négociation est un investissement basé sur la raison qui, sans nier la violence fondamentale, vise à offrir un outil pour contrecarrer les débordements excessifs. C’est une approche qui évite un vainqueur unilatéral et la perception d’un vaincu véritable.

Si toute une partie du livre est consacrée aux types de crises, et à l’organisation d’un groupe de négociateurs, aux qualités de ces derniers, une seconde se consacre aux approches, prises de contact, à la communication et à la gestion des émotions.

J’ai apprécié dans cet ouvrage son référentiel technique, mais la lisibilité de la structure ne m’a pas séduite : j’ai eu l’impression de multiples retours en arrière avec un focus fort sur les prises d’otages.

Par ailleurs, si Christophe Caupenne lit ces lignes, je n’ai pas compris sa référence à la courbe de Kubbler Ross, ni celle à la PNL ou à l’AT. Connaissant ces 3 approches, je suis restée perplexe sur le traitement proposé par l’auteur. Sans doute un souhait ou un besoin de faire court qui produit un effet réducteur.

  • Style : 2/5
  • Recommandation de lecture : 2/5

eduard

En voilà un beau livre qui prend aux tripes.

Trois regards sur un même drame familial. Mileva, la femme d’Einstein, la mère d’Eduard raconte sa détresse quand elle dépose son fils à l’hôpital psychiatrique.

Eduard, détecté schizophrène, qui vit le rejet de son père et bien que malade en souffre terriblement. Il souffre de la comparaison avec ce génie, ou même avec son frère Hans-Albert.

Et enfin le regard du génie du siècle, lui même, sur le seul mystère qu’il ne percera jamais : celui de la maladie de son fils.

A chaque chapitre, c’est le regard de l’un des trois… et comme une vrille, ou une vis qui tourne, chaque regard nous fait entrer un peu plus dans l’intimité de cette famille célèbre et meurtrie.

Loin d’être une bio classique, ce livre à l’écriture souple et intime est un bijou.

  • Emotion : 5/5
  • Histoire :5/5
  • Style : 5/5

ombres

A lire si vous aimez Thilliez, le noir, le glauque !!! Mais qu’est-ce que c’est bien monté !

Il est thanatopracteur, et romancier à ses heures perdues. Il gagne sa vie mais sans plus et sans gloire, lorsqu’il est interpellé par un riche infirme qui lui propose une somme colossale en échange de l’écriture en huis clos d’un roman policier dont  lui, l’infirme, serait le héros. Pour la matière, elle est facile : il s’agit de s’inspirer de faits réels : la vie du Bourreau 125, sérial killer.

Commence alors, dans la forêt des ombres, un travail d’écriture et de reclus. Ce vieil infirme est-il fou ou pervers? Qui est cette fille qui arrive de nulle part ? Qui est cette escorte girl toujours avec lui ?

Finalement, dans cette vieille demeure, où sont les alliés ? Nul ne le sait et l’horreur culmine. Ames sensibles s’abstenir !!!

haine

Alors j’ai fini par le lire… comme beaucoup, j’avais été touchée par le premier texte d’Antoine Leiris au moment de la mort de sa femme au Bataclan, titré « vous n’aurez pas ma haine ». Et j’étais restée là-dessus.

Puis dans une gare, je tombe sur son livre éponyme.  J’ouvre la première page, et je commence à lire. J’ai failli finir le livre (normal, mon train était annoncé avec 30 minutes de retard !!!) et du coup je l’ai acheté et fini dans la soirée.

Je n’arrive pas à savoir si j’ai aimé ou pas… Comment aimer un tel ouvrage. Il est intime, nous fait entrer, de façon voyeuriste, dans l’intimité d’un papa veuf et d’un enfant orphelin. J’ai pleuré à certains passages. Oui je livre est magnifiquement écrit et les émotions sont parfaitement sensibles. Cependant je reste avec un gout de bile… oui, moi ils ont ma haine ces gens-là qui tuent à défaut de ne savoir vivre. Alors, non je ne pardonne pas et ces beaux sentiments m’agacent… mais alors c’est le livre ou la position d’Antoine avec laquelle je ne suis pas d’accord. Sans doute un peu des deux… car aussi, il n’a pas manqué (je suppose !) de toucher les droits d’auteurs sur la mort de sa femme et en faisant pleurer des nanas comme moi. Et sans doute je suis en colère contre lui de son manque de pudeur, et contre moi d’avoir cédé et d’avoir acheté ce livre.

Voilou… vous ferez ce que vous voudrez. Vous achèterez ou pas. Lirez ou pas.

Ville feu

Los Angeles est le théatre d’émeutes majeures en 1992. La ville est assiégée. Dans ce contexte, de nombreux assassinats sont perpétrés… et la police dépassée n’a pas le temps d’enquêter. Bref, c’est dans l’indifférence quasi générale que Aneke, cette journaliste danoise est morte.

20 ans plus tard, la même police se dit qu’elle va subir la pression de la presse qui va revenir sur ces événements… Harry Bosch va alors rouvrir l’enquête… juste parce qu’il avait été un des premiers sur cette scène de crime 20 ans avant et qu’il ne supporte plus l’idée de ne pas avoir traité ce « cas ». Il va lui falloir lutter contre toute sa hiérarchie, mais il va remonter le temps et l’enquête d’Aneke.

J’ai aimé : le rythme, le style efficace. J’ai moins aimé la fin : un peu cousue de fil blanc. C’est comme si je l’avais vu au cinéma, ce qui est possible. Mais pendant des vacances, ça se lit bien.

Pandemia

Franck Thilliez c’est du lourd ! J’adore. Alors Pandemia ça commence tranquille et au fur et à mesure des pages, je me suis dit « ah non, c’est pas possible !!! » Et bien si, c’est possible.

Au départ, deux cygnes meurent dans la Somme. Puis un homme est assassiné. Puis des SDF disparaissent… Quels liens entre tous ces meurtres ? Entre ces personnes ? Comment mener une traque dans laquelle l’assassin est invisible, et dans laquelle l’homme est lui-même le pire virus… Bref, le scenario est captivant. Le style est rapide, efficace. A lire si vous aimez la noirceur !

Nego complexe

Il y a des livres professionnels plaisants et utiles à lire et celui de Marwan Mery en fait partie. Le « manuel de négociation complexe »( Eyrolles, Paris 2015, 2ème tirage) ne permet pas de mener de facto une négociation complexe mais permet de bien comprendre les enjeux, les qualités requises, les facteurs de succès et de motivation, les principes clés à appliquer et repérer les critères de complexité ou éléments déstabilisants.

Le livre est plaisant car structuré, au style simple… loin des poncifs habituels qui vous garantissent ou promettent monts et merveille. Non. La négociation complexe, si elle est structurée est d’abord une affaire de posture personnelle et de travail sur soi. La clé étant la position basse, l’observation et l’empathie : celui qui questionne conduit…

Utile aussi car Marwan Méry aborde l’ensemble des éléments de la négociation : du cadre spatio temporel, en passant par le tryptique des facteurs de complexité que sont les comportements des acteurs (demande irrationnelle, putsch émotionnel, mauvaise foi, mensonge), les situations (menaces, ultimatum, ou négociation impossible) et le potentiel néfaste des interlocuteurs : ceux qui ont des profils pathologiques par exemple.

Et même si nous ne menons pas demain des négociations dangereuses où la vie de personnes sont en jeux, comme le font au quotidien les négociateurs du Raid, nous pourrons facilement vivre les déstabilisations mineures décrites par Marwan Mery : le jeu du « good guy-bad guy » par exemple, ou l’effet « Salami » ou « Colombo » (vous savez le truc de derrière les fagots qui sort et remet tout en cause !!!).

Bref, ce livre est une mine d’or et d’astuces pour tous ceux que la complexité des relations humaines passionne au-delà même des négociations… Bonne lecture. (Et à la question : qu’est-ce que je touche pour cette critique favorable : rien !!! Le plaisir de partager un moment professionnel passionnant !)

Muriel Jouas